Liban

Lorsqu’on a vécu 4 ans au Liban et qu’on adore les traditions… tout autant que les petites douceurs, cela donne des photos et une petite histoire qui va bien avec !

Daddy Finger étant d’origine Libanaise, j’aime réaliser ces recettes, spécialement à la période concernée mais pas que !

Le Liban est constitué de différentes communautés religieuses qui cohabitent avec une harmonie toute relative. Certaines fêtes sont célébrées par plusieurs communautés à la fois, avec des préparations culinaires qui peuvent être identiques d’une communauté à l’autre. D’autres coutumes, par contre, restent intercommunautaire.

Ces préparations culinaires sont ici des préparations sucrées. Les deux premières que j’ai retenues concernent le monde de l’enfance. Au Liban, certaines étapes de la vie d’un enfant sont célébrées avec des entremets, préparés en général par la mère de la jeune maman, la maman elle-même ou sa belle-mère mais les hommes qui cuisinent peuvent très bien prendre le relais !

 

Le MEGHLI -on prononce « merlé »- : une tradition pluricommunautaire pour accueillir le nouveau-né.

C’est un flan qui se sert frais, parfumé aux épices orientales : de la cannelle, du carvis et de l’anis. Cet entremet est servi aux proches qui viennent voir le nouveau-né, généralement les visiteurs apportent un cadeau de naissance au bébé. Cette préparation est très appréciée pour ses qualités gustatives mais aussi et surtout pour leurs propriétés médicinales. En phytothérapie, le carvis est indiqué pour favoriser la lactation. L’anis est recherché pour ses bienfaits apaisants sur le système digestif. La cannelle, quant-à-elle, est employée pour son action dynamisante.

Pour aller plus loin dans ma petite histoire !

On retrouve autour du bassin méditerranéen le même intérêt pour l’anis, réputé pour ses bienfaits sur la jeune mère et le nouveau-né. En Provence d’où je suis originaire, avant la première tétée, on avait l’habitude de donner à boire une infusion d’anis au bébé, ce qui aurait eu la propriété d’évacuer le méconium (d’où l’expression Provençale « Caganis » pour désigner un enfant).

Le SNEYNIEH -on prononce « snénié »- :
Le mot dérive de « Sneyn » en libanais : les dents.

Il s’agit de blé cuit, sucré et épicé (de la cannelle et de l’anis) servie tiède ou froide, offerte par les parents à leurs proches à l’apparition de la première dent de leur bébé ; Cet entremet est présenté dans de jolies timbales, décoré d’amandes, de noix, de pistaches fraiches, des raisins secs, avec de la fleur d’oranger. On peut y rajouter des petits bonbons colorés ou des petites dragées.

Évidemment, j’ai réalisé ce dessert pour fêter la première quenotte de nos Twincesses. L’avantage d’avoir des jumelles, c’est que j’ai été « obligée » de le faire deux fois, à quelques mois d’intervalle. Vive la gourmandise, vivent les 1ères dents !

 

La symbolique de ce dessert fêtant la première dent de l’enfant prend tout son sens à travers la graine de blé qui représente la vie et la poursuite de la croissance.

 

Le AMHYEH -on prononce « amhié »- : une tradition intercommunautaire !
Du  libanais « ameh » (blé), on pourrait traduire par « qui est fait avec du blé ». On l’appellerait aussi Sleeqa ou Sleeha.
C’est la même recette que le Sneynieh, en fait. C’est LE dessert rituel principal préparé la veille de « Berbara » (la Sainte Barbe), le 4 décembre : on peut y ajouter de la noix de coco râpée et éventuellement des grains de grenade. Il s’agit donc d’un dessert préparé par la communauté chrétienne du Liban.
(A ce plat, s’ajoute les Atayef, des petites crêpes épaisses fourrées à l’Achta (crème de lait), le tout trempé dans du Ater (sirop de sucre).

Ces petits desserts orientaux symbolisent la nourriture amère reçue par Berbara (Sainte Barbe) lors de son supplice et qui se serait métamorphosée miraculeusement dans sa bouche en met sucré.

Entre tradition Française et Libanaise ! Amhié et blé de la Sainte Barbe
Chez la Finger Family : entre tradition Française et tradition Libanaise ! Du Amhyeh pour déguster en dessert et du blé ainsi que des lentilles plantés pour porter bonheur toute l’année.

 

Pour aller plus loin dans ma petite histoire…

Selon la tradition libanaise, l’Avent commençait la veille de la Sainte Barbe. On prépare le Amhyeh dans les  foyers chrétiens, on veille aussi à ce que le sapin et la crèche soient prêts pour le 3 décembre.

Selon la coutume, comme en France d’ailleurs, on sème des graines de blé et de lentilles dans des soucoupes pleines de coton humide que l’on place près du sapin. Trois semaines plus tard, si ces graines ont bien germé, elles ornent la crèche et selon les superstitions, augurent ainsi une bonne année à venir –si elles sont frêles et jaunies, elles présagent une mauvaise année. Cette coutume tire son explication d’une des versions du récit de la vie de Sainte Barbe qui, voulant échapper à ses persécuteurs, se serait réfugiée dans un champ de blé dont les épis auraient tout d’un coup miraculeusement grandi pour la couvrir et la cacher.

 

 

Atayef
Atayef – mini crêpe du Liban

 

Si vous aussi vous connaissez des coutumes culinaires sucrées d’ailleurs, avec leur jolie histoire, racontez-moi, j’adore ça !

A venir, des desserts et traditions de Suède ! Et oui… Mom’ et Brother Finger ont aussi vécu en Suède… Vi ses ! (à bientôt !)

 

 

 

 

 

 

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