En terres Amish

Qu’elle intrigue ou qu’elle fascine, la communauté Amish ne laisse personne indifférent.

Anabaptiste, elle est surtout présente aux États-Unis, dans 31 états mais c’est dans l’Ohio que sa population est la plus importante avec plus de 60 000 membres.

« Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ».

Telle est la 1ère règle qui encadre cette communauté et en effet, on ne peut pas la confondre.

Ce week-end nous sommes partis nous promener en famille dans une petite ville dans le comté de Geauga, Middlefield, connue pour sa communauté Amish (bien que des citoyens Américains « lambda » y résident aussi). C’est la ville la plus proche de Cleveland (à 6o km) où l’ont peut faire ce genre de rencontre hors du temps.

Cela fait plusieurs semaines que j’avais prévu d’y mener ma petite famille car le mois de mars, c’est la saison de la récolte de la sève d’érable et les érablières organisent des visites guidées pour suivre la transformation de la sève en sirop. Le fameux sirop d’érable ! Oui : l’Ohio produit du sirop d’érable et un sirop de qualité !

À Middlefield, on trouve plusieurs fermes qui cultivent les érables dont certaines appartiennent à la communauté Amish.

Nous y sommes allés un dimanche, jour de culte chez les Amish, donc jour de relâche, impossible de visiter ces fermes. Nous le savions et avons prévu d’organiser une visite le week-end prochain, si la météo le permet. Nous avons visité une érablière très intéressante (voir le billet). Avec un peu de chance donc, la ferme Amish constituera un autre article.

En attendant, voici notre promenade en photo au Pays des Amish.

« Share the road » : pas de doutes, nous entrons en terres Amish, désormais nous pourrons croiser des buggies, il faut partager la route. Et j’ai hâte de les voir !

 

Lorsque deux mondes se croisent…

Bien que la communauté refuse la modernité, les buggies sont bien plus modernes que ce qu’on pourrait le croire !

Ces charrettes fermées sont équipées de feux de positions, de phares et de clignotants pour se conformer à la législation de l’Ohio sur les buggies empruntant une route d’Etat.

Pour aller plus loin sur ce mode de transport, cet article très complet, en anglais.

 

Mais que peut bien faire un buggy dans une station essence ?

Deux possibilités : faire regonfler les pneus de la charrette ou bien peut-être acheter du propane car certains sont équipés d’un chauffage !

 

Des maisons et des fermes dépourvues de câble électriques les reliant au monde extérieur.

Vous vous demandez à quoi peut bien ressembler l’intérieur d’un foyer Amish ? Ce lien vous fera découvrir la version de l’autre côté des murs.

 

Une école Amish :

Si vous avez déjà vu des épisodes du feuilleton « La petite maison dans la prairie » alors vous avez déjà une idée de ce à quoi peut ressembler une classe Amish.

La classe est composée d’enfants de tous âges, de six à quatorze ans, qui étudient du « 1rst grade » au « 8th grade » (du cours préparatoire à la quatrième).

L’enseignement est dispensé dans une classe unique, par une maîtresse -Amish elle aussi-.

Les élèves y apprennent l’anglais, l’histoire et la géographie, l’arithmétique (et non pas les mathématiques), la calligraphie et bénéficient aussi des cours de santé. Pas de leçons de musique (mais du chant), d’éducation physique et sportive, de sciences, ni d’informatique.

A noter que la religion n’y est pas enseignée car l’apprentissage se fait à la maison.

A l’âge de 14 ans, le jeune Amish quitte l’école pour aider : aux travaux ménagers pour les filles, aux champs pour les garçons.

A 16 ans, Rumspringa (une sorte de rite initiatique) les libère des règles de la communauté et les autorise à s’essayer au monde moderne (découverte de l’alcool, des vêtements modernes de leur âge, soirée dansantes) et éventuellement à quitter la communauté (mais que faire si jeune, sans argent ni lieu d’accueil… ?).

A la fin de cette période de découvertes, 90% des jeunes Amish choisissent de rester et demandent à recevoir le baptême  (d’où le terme « anabaptiste » : le baptême doit être accordé aux adultes consentant et non aux enfants qui ne peuvent pas en faire le choix). Une fois qu’un membre a choisi le baptême, il ne pourra plus quitter la communauté, à moins de s’enfuir et d’être rejeté par ses pairs.

Dès lorsqu’ils seront mariés, les hommes laisseront pousser leur barbe. Le foyer accueillera en moyenne 7-8 enfants mais parfois bien plus.

 

Le travail artisanal et l’agriculture : des valeurs primordiales

 

Les Amish vivent de leurs productions agricoles et commercialisent leurs produits qui sont très appréciés car considérés comme sains (cultivés sans OGM).

L’artisanat quant-à lui est réputé de qualité. Les meubles, les quilts (patchworks), les patisseries, les fromages et les conserves rencontrent un réel succès.

Leur religion leur impose de réaliser un travail parfait tout en leur interdisant de réaliser du profit.

Le label « 100% Amish » est d’ailleurs un label de qualité aux Etats-Unis.

Quilts Amish (source photo : amishcountrylanes)

 

Nous avons la chance de pouvoir acheter leur production : du miel, des confitures et du sirop d’érable.

 

Toute personne vivant aux Etats-Unis sait combien il est important de cotiser auprès d’une assurance pour pouvoir être soigné sans devoir s’endetter à vie.

La communauté Amish n’a aucune assurance médicale mais elle fait appel à chacun de ses membres lorsque l’un d’entre eux nécessite une prise en charge médicale.

Les Amish ne prennent pas non plus part aux votes des élections Américaines mais paient leurs taxes comme tout citoyen Américain.

 

Quelques heures de promenade inoubliable qui nous auraient fait croire dans un autre temps si on n’avait pas croisé d’autres voitures aussi modernes que la notre !

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7 comments on “En terres Amish

  1. 6 mars 2017 at 23 h 16 min

    En revenant de Cleveland nous avions croisé un equipage ouvert avec deux jeunes filles dedans, c’était assez impresionnant ! Elles n’avaient de charioles fermées. Pour les produits amish c’est vrai qu’on en trouve pas mal en Ohio et ils sont très bons. Je sais aussi que dans certains Hopitaux de Pennsylvanie, quand tu as un bébé on t’offre un quilt Amish fait par la communauté du coin ! Merci pour ton article c’est hyper interessant !

    • 7 mars 2017 at 0 h 52 min

      Merci Poppy 🙂 ! Je l’ignorais pour les maternités ! Quel beau cadeau !

  2. 7 mars 2017 at 0 h 23 min

    TRes interressant 🙂

  3. 7 mars 2017 at 10 h 55 min

    par contre pas souriant du tout envers les « etrangers », dans nos nombreux road-trips on en croisait souvent mais pas un sourire des enfants ni adultes. Mais c’est vrai qu’ils sont gentil, mais je prefère les Quakers 🙂

    • 7 mars 2017 at 14 h 49 min

      Alors Je suis d’accord pour les sourires mais sourions-nous aussi aux inconnus que l’on croise, Tika… ?
      Par contre ici, très polis : signe de la main pour dire bonjour en se croisant sur la route, et un jeune garçon sur le bord de la route nous a aussi dit bonjour !

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